Sonnenwyl - Praroman

Voici l'historique de notre église de Bonnefontaine. Une plaquette avait été éditée lors du 100ème anniversaire de celle-ci en 1993.

La Ferme-école de Sonnewyl et la paroisse de Bonnefontaine sont deux œuvres intimement unies l'une à l'autre dans leurs débuts, et issues du même dévouement, de la même activité d'un prêtre à la foi généreuse et débordante d'enthousiasme pour le bien.

L'Abbé Pierre Biolley

Né à Praroman en 1857, d'une famille justement considérée dans la contrée, riche des biens de la terre, plus riche encore de l'esprit de foi qu'elle a gardé comme le plus précieux héritage des ancêtres.

Ordonné prêtre en 1883, M. Pierre Biolley remplit pendant trois ans les fonctions de vicaire à Vevey. Il venait à Givisiez assister dans ses der­niers jours de vieillesse M. Favre, un des prêtres les plus méritants du diocèse, qu'il ne devait pas tarder à remplacer comme curé.

Toutefois la débordante activité du jeune prêtre ne pouvait pas se limiter à cette paroisse, où d'ardentes sym­pathies lui étaient désormais acquises. Nous avons même connu une dame de la plus haute aristocratie, qui faillit se brouiller avec son évêque, parce que celui-ci, qui n'était autre que le cardinal Mermillod, avait enlevé à Givisiez le jeune prêtre que chacun estimait et appréciait.

La Ferme-école de Sonnewyl

La Providence avait prédestiné M. l'abbé Biolley à l'entreprise d'une grande oeuvre, devant laquelle eut reculé tout autre prêtre moins généreux, et disons-le, moins optimiste que lui. Il s'agissait de fonder, par ses seules ressources, une école d'agriculture, mission, sem­ble-t-il, bien éloignée des travaux que comporte le ministère sacerdotal.

Mais, hâtons-nous de le dire : il fut encouragé dans cette entreprise épineuse et difficile par un autre prêtre, un homme de Dieu rempli de l'esprit surnaturel. Celui-ci, ancien directeur et supérieur du séminaire, avait connu spécialement le jeune abbé Biolley. Mgr. Savoy, témoin attristé des misères matérielles et morales de no­tre pays avait résolu de se vouer à combattre l'alcoo­lisme par tous les moyens. D'un autre côté, convaincu que l'agriculture doit rester à la base de la prospérité matérielle, il avait songé à former des hommes de va­leur, chrétiens avant tout, et capables d'imprimer un progrès sérieux à cette branche si importante de notre activité économique. Par là aussi on voulait lutter con­tre l'élément étranger qui menaçait d'envahir notre can­ton et qui, déjà, se trouvait, en qualité de fermier ou même de propriétaire, à la tête des plus belles fermes de la Singine.

De cette idée féconde a surgi la Ferme-école de Son­newyl. Par sa naissance et sa fortune, par les moyens d'action dont il disposait, M. l'abbé Biolley était destiné à remplir cette grande et difficile mission. Il y voua tout l'enthousiasme de la jeunesse, toute l'ardeur d'une âme apostolique.

Chargé encore de la paroisse de Givisiez, il parcou­rait le plus souvent à pied les trois lieues qui le sépa­rait de Sonnewyl où il présidait aux premières instal­lations.

Fondation de la paroisse de Bonnefontaine

D'un autre côté, après avoir établi sur des bases solides l'institut qu'il devait diriger pendant quatorze ans, il fondait, à vingt minutes de Sonnewyl, la paroisse de Bonnefontaine, dont il devait être le premier curé tout en dirigeant la Ferme-école de la Sainte-Famille.

C'est de l'initiative privée, soutenue par une activité in­lassable et par l'esprit de foi qu'a été fondée chez nous la première école d'agriculture. Celle-ci devait être transformée plus tard et prendre un caractère officiel; mais il n'est pas inutile de rappeler que c'est, avant tout, au dévouement de deux prêtres, que nous devons cette institution, fondement assuré du progrès de notre agri­culture.

La Ferme-école de Sonnewyl et l'institution de la pa­roisse de Bonnefontaine, dont nous avons voulu retra­cer les débuts, sont deux soeurs jumelles. La première de ces oeuvres a subi des transformations qui la rendent non moins utile sous une autre forme ; la jeune soeur rayonnante dans son printemps, poursuit désormais sa marche heureuse et tranquille, assurant aux populations de la contrée la faveur bien grande d'une église et d'un prêtre à poste fixe.

En publiant ces pages nous avons voulu répondre aux voeux d'une population généreuse dans sa foi et pleine de reconnaissance envers ceux qui l'ont aidée aux heures difficiles.

De plus, nous avions à démontrer par des faits tangi­bles que, dans tous les domaines, le prêtre a un rôle social à remplir; que nul, plus que lui, n'est l'ami sin­cère et dévoué de son pays. Dans une réunion tenue récemment à Fribourg, un des premiers magistrats de notre canton disait que nous, catholiques, devions être des réalisateurs. Bien avant que cette parole fut prononcée, un prêtre a réalisé chez nous ce généreux idéal du grand homme d'État.

 

 

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juillet 2017

Couleur liturgique du jour : vert.