À travers les siècles

Vers le VIIe siècle

 

La date de fondation de l’église reste pour l’instant mal connue, mais elle doit remonter au VIIe-VIIIe siècle.

 

XIe-XIIe siècle

 

Quelques sépultures, dont une tombe maçonnée épousant la forme du corps et deux sarcophages en tuf, entouraient une église dont il ne reste pour l’instant que peu de traces. La nef de celle-ci a été reconstruite vers l’an mil, avant d’être allongée un ou deux siècles plus tard pour prendre les dimensions qu’elle a conservées jusqu’à nos jours. Un porche de pierre a été ajouté à l’époque romane devant l’entrée de la nef.

L’église a été modifiée dans le courant du XIIIe siècle par la reconstruction de son choeur.

 

XIVe siècle

 

Ce nouveau choeur, rectangulaire et voûté, peut être admiré aujourd’hui encore dans son aspect presque inchangé; quelques sondages des restaurateurs d’art ont mis au jour sur ses murs et sa voûte un décor peint gothique dont l’exceptionnel état de conservation en fait manifestement l’un des plus beaux de Suisse romande.

 

 

Le côté nord de la nef a connu lui aussi une intéressante succession de bâtiments, puisque des trous de poteaux indiquent qu’un portique en bois, utilisé pour des inhumations, était adossé à la nef de l’église.

Le côté nord de la nef a connu lui aussi une intéressante succession de bâtiments, puisque des trous de poteaux indiquent qu’un portique en bois, utilisé pour des inhumations, était adossé à la nef de l’église.

Reconstruit par la suite en maçonnerie, il a fait place vers le XIIIe siècle à un clocher et à un bâtiment civil, peut-être la cure.

Les vestiges de constructions et les sarcophages de tuf dégagés, le matériel exhumé - calice et patène en étain déposés aux environs de l’an mil dans la tombe d’un prêtre, céramiques, objets de fer et monnaie -, les squelettes, qui présentent des caractéristiques physiques tout à fait inhabituelles dans la population fribourgeoise médiévale, font de l’église St-Pierre de Treyvaux un site très important pour le patrimoine fribourgeois. Les experts, archéologues et historiens de l’art, sont unanimes à reconnaître que la valeur du site et de son église dépasse largement les frontières cantonales.

Des tessons de la civilisation néolithique, dite de Cortaillod (4’000-3’500 av. J.-C.), et un foyer attestent une occupation dès l’époque préhistorique, tandis que la présence de tuiles et de tubuli indique la proximité d’un établissement romain. D’ailleurs, dans le voisinage, la forêt du Tombé se révèle avoir été un cimetière de la période gallo-romaine.

La dédicace de l’église de Treyvaux à St Pierre permet de situer la première communauté chrétienne à l’époque burgonde déjà, d’autant que l’évêque de Lausanne dispose du droit de collature.

En 1173, l’église de Treyvaux avait déjà une certaine importance puisqu’à cette date, Landry de Dornach, évêque de Lausanne, l’avait donnée au monastère d’Hauterive. Cette donation fut confirmée en 1181 par le pape Lucius III pour les possessions de Treyvaux, Ecuvillens et Onnens. Elle le fut à nouveau par Jean de Cossonnay en 1245 et l’année suivante par Berthold de Neuchâtel, héritier des sires de Glâne, fondateurs d’Hauterive.

Le choeur de l’église a probablement été reconstruit par les cisterciens d’Hauterive. Il est difficile de dire si la nef a été prolongée ou si c’est le mur occidental qui a été modifié plus tardivement, mais la volumétrie dans son ensemble est restée celle du Moyen Age. A l’extérieur, on lit les traces d’une réfection; l’enduit original, encore conservé sur une grande partie des murs, est du plus haut intérêt.

Une église dédicacée à Ste Marie a été construite dans l’actuel village de Treyvaux vers le milieu du XIIIe siècle déjà. Mais c’est encore l’église-mère qui fera l’objet des visites pastorales.

Lors de la visite de Mgr de Saluces en 1453, seule une ermite habitait  là-bas. Son logis était peut-être adossé à la paroi nord du choeur; les fondations d’un édifice y subsistent, encore visibles. La statue du pape Pierre et les deux vitraux en grisaille pourraient avoir été exécutés peu après cette visite. Au début du XVIe siècle, le droit de patronage de l’église de Treyvaux fut affecté au chapitre de St-Nicolas.

Vers 1520, l’église fut l’objet d’une importante restauration. Le sculpteur fribourgeois Hans Geiler créa un retable dont il reste les statues de St André, St Antoine,  Ste Marie-Madeleine et Ste Marguerite.

A cette époque ont été ouvertes les fenêtres de molasse aux montants chanfreinés.

En 1698, la commune de Treyvaux demanda au chapitre de St-Nicolas l’autorisation de couper du bois pour restaurer l’église de St-Pierre. A cette époque furent créés les deux retables latéraux de style baroque, la Pietà, les statues de St Loup, St Garin et St Jacques le Majeur. Afin d’assurer un complément de lumière on dut élargir la première fenêtre de la nef, ce qui nécessita de canceler la fenêtre gothique à encadrement rouge.

Dans la 2e moitié du XVIIIe siècle - en 1759 peut-être, date inscrite au dos du crucifix - on procéda au remplacement du retable central. Au maître-autel, le retable de style rococo est assez semblable à celui de l’église Saint-Jean dont la polychromie et les tableaux sont attribués à Locher.

 

 

Vers 1820, une intervention importante modifie la voûte de la nef et les bancs. Sur la voûte de stuc est peinte une Vierge à l’Enfant. La tribune reçoit son joli décor de style Louis XVI tardif.

Depuis, l’ancienne église a été normalement entretenue.

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février 2020

Couleur liturgique du jour : violet.