Illustration : La Bonne Nouvelle en image

Introduction

℣ Dieu, viens à mon aide,
℟ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne

Dieu que nul œil de créature
N'a jamais vu,
Nulle pensée jamais conçu,
Nulle parole ne peut dire,
C'est notre nuit qui t'a reçu :
Fais que son voile se déchire.

Fais que tressaille son silence
Sous ton Esprit ;
Dieu, fais en nous ce que tu dis,
Et les aveugles de naissance
Verront enfin le jour promis
Depuis la mort de ta semence.

Tu n'as pas dit que l'homme croisse
Vers son néant,
Mais tu as fait, en descendant,
Qu'il ne se heurte à son impasse :
Tu as frayé le beau tournant,
Où tout au monde n'est que grâce.

Dans le secret, tu nous prépares,
Ce qui pourra
Tenir ton jour quand tu viendras ;
C'est là, dans l'ombre de ta gloire.
Que ta clarté filtre déjà,
Et nous entrons dans ton histoire.

Sème les mots qui donnent vie,
Nous te dirons ;
Regarde-nous, et nous verrons ;
Entends Jésus qui te supplie.
Au dernier pas de création,
Viens faire l'homme eucharistie!

La Tour du Pin

HOMÉLIE D'ORIGÈNE SUR JOSUÉ

Le passage du Jourdain, préfiguration du baptême

Au Jourdain, l'arche d'alliance conduisait le peuple de Dieu. Alors, prêtres et lévites s'immobilisent et les eaux sont comme saisies de respect devant les ministres de Dieu, elles retiennent leur course et s'accumulent en monceau pour offrir au peuple de Dieu un chemin sans danger.

Ne sois pas étonné, lorsqu'on te raconte ce qui s'est passé à l'égard du peuple ancien. A toi, chrétien, qui as franchi les flots du Jourdain par le mystère du baptême, la parole de Dieu promet des biens beaucoup plus grands et plus élevés: elle te promet que tu chemineras et passeras même à travers les airs. Écoute en effet saint Paul dire au sujet des justes : Nous serons emportés sur les nuées du ciel à la rencontre du Christ dans les airs. Écoute encore les promesses que Dieu nous fait par l'intermédiaire du prophète : Quand tu passerais au milieu du feu, la flamme ne te brûlera pas, car je suis le Seigneur ton Dieu. Le juste est donc partout chez lui, et toutes les créatures manifestent la soumission qu'elles lui doivent.

Et ne va pas t'imaginer, toi qui entends raconter maintenant, ce qui s'est passé chez les anciens, que tout cela ne te concerne pas ; toutes ces choses s'accomplissent en toi d'une manière spirituelle. Car, lorsque tu abandonnes les ténèbres de l'idolâtrie et que tu désires arriver à la connaissance de la loi divine, c'est alors que commence ta sortie d'Égypte.

Lorsque tu as été admis dans le groupe des catéchumènes, et que tu as commencé d'obéir aux préceptes de l'Eglise, tu as traversé la mer Rouge; dans les étapes du désert, chaque jour, tu t'appliques à écouter la loi de Dieu et à contempler le visage de Moïse, que la gloire du Seigneur te dévoile. Mais lorsque tu arriveras à la source spirituelle du baptême ; lorsque, en présence des prêtres et des diacres, tu seras initié à ces mystères augustes et sublimes, que connaissent ceux-là seuls qui ont le droit de les connaître : alors, après avoir traversé le Jourdain grâce au ministère des prêtres, tu entreras dans la Terre promise.

C'est la terre où Josué (Jésus), après Moïse, te prend en charge et devient le guide de la route nouvelle.

Alors tu te souviendras de ces marques inouïes de la puissance de Dieu : la mer coupée en deux pour toi, l'eau du fleuve arrêtée dans sa course ; tu te retourneras vers elles et tu t'écrieras : Mer, qu'as-tu donc à t'enfuir, et toi, Jourdain, à refluer ? Montagnes, pourquoi bondir comme des béliers, et vous, collines, comme des agneaux ? Mais la parole de Dieu te répondra : La terre a tremblé devant la face du Seigneur, la face du Dieu de Jacob, lui qui change le rocher en source et la pierre en fontaine.

Psaume 38 - I

2 J'ai dit : « Je garderai mon chemin
sans laisser ma langue s'égarer ;
je garderai un bâillon sur ma bouche,
tant que l'impie se tiendra devant moi. »

3 Je suis resté muet, silencieux ;
   je me taisais, mais sans profit. *
Mon tourment s'exaspérait,
4 mon cœur brûlait en moi.
Quand j'y pensais, je m'enflammais,
et j'ai laissé parler ma langue.

5 Seigneur, fais-moi connaître ma fin,
   quel est le nombre de mes jours :
je connaîtrai combien je suis fragile.
6 Vois le peu de jours que tu m'accordes :
ma durée n'est rien devant toi.

L'homme ici-bas n'est qu'un souffle ;
7 il va, il vient, il n'est qu'une image.
Rien qu'un souffle, tous ses tracas ;
il amasse, mais qui recueillera ?

Psaume 38 - II

8 Maintenant, que puis-je attendre, Seigneur ?
Elle est en toi, mon espérance.
9 Délivre-moi de tous mes péchés,
épargne-moi les injures des fous.

10 Je me suis tu, je n'ouvre pas la bouche,
car c'est toi qui es à l'œuvre.
11 Éloigne de moi tes coups :
je succombe sous ta main qui me frappe.

12 Tu redresses l'homme en corrigeant sa faute, +
tu ronges comme un ver son désir ; *
l'homme n'est qu'un souffle.

13 Entends ma prière, Seigneur, écoute mon cri ;
ne reste pas sourd à mes pleurs.
Je ne suis qu'un hôte chez toi,
un passant, comme tous mes pères.

14 Détourne de moi tes yeux, que je respire
avant que je m'en aille et ne sois plus.

Psaume 51

3 Pourquoi te glorifier du mal,
   toi, l’homme fort ? *
Chaque jour, Dieu est fidèle.

4 De ta langue affilée comme un rasoir,
   tu prépares le crime, *
fourbe que tu es !

5 Tu aimes le mal plus que le bien,
   et plus que la vérité, le mensonge ; *
6 tu aimes les paroles qui tuent,
   langue perverse.

7 Mais Dieu va te ruiner pour toujours,
   t’écraser, t’arracher de ta demeure, *
t’extirper de la terre des vivants.

8 Les justes verront, ils craindront,
   ils riront de toi : +
9 « Le voilà donc cet homme
   qui n’a pas mis sa force en Dieu ! *
Il comptait sur ses grandes richesses,
   il se faisait fort de son crime ! »

10 Pour moi, comme un bel olivier
   dans la maison de Dieu, *
je compte sur la fidélité de mon Dieu,
   sans fin, à jamais !

11 Sans fin, je veux te rendre grâce,
   car tu as agi. *
J’espère en ton nom devant ceux qui t’aiment :
   oui, il est bon !

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