
Introduction
℣ Dieu, viens à mon aide,
℟ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)
Hymne
En toute vie le silence dit Dieu,
Tout ce qui est tressaille d'être à lui !
Soyez la voix du silence en travail,
Couvez la vie, c'est elle qui loue Dieu !
Pas un seul mot, et pourtant c'est son Nom
Que tout sécrète et presse de chanter :
N'avez-vous pas un monde immense en vous ?
Soyez son cri, et vous aurez tout dit.
Il suffit d'être, et vous vous entendrez
Rendre la grâce d'être et de bénir ;
Vous serez pris dans l'hymne d'univers,
Vous avez tout en vous pour adorer.
Car vous avez l'hiver et le printemps,
Vous êtes l'arbre en sommeil et en fleurs ;
Jouez pour Dieu des branches et du vent,
Jouez pour Dieu des racines cachées.
Arbres humains, jouez de vos oiseaux,
Jouez pour Lui des étoiles du ciel
Qui sans parole expriment la clarté ;
Jouez aussi des anges qui voient Dieu.
COMMENTAIRE DE SAINT CYPRIEN SUR LA PRIÈRE DU SEIGNEUR
« Donne-nous aujourd'hui notre pain »
En avançant dans notre prière, nous demandons : Donne nous aujourd'hui notre pain quotidien. On peut le comprendre aussi bien au sens spirituel qu'au sens littéral. Dans le dessein de Dieu, les deux interprétations sont profitables à notre salut.
En effet, le Christ est le pain de la vie, et ce pain n'est pas à tout le monde, il est à nous. De même que nous disons notre Père, parce qu'il est le Père de ceux qui le connaissent et qui croient, de même nous parlons de notre pain, parce que le Christ est le pain de ceux qui, comme c'est notre cas, appartiennent à son corps.
Nous demandons que ce pain nous soit donné chaque jour. En effet, nous qui sommes dans le Christ et recevons quotidiennement son eucharistie, comme l'aliment du salut, il ne faut pas qu'un péché grave nous tienne à l'écart en nous empêchant de communier, et nous interdise le pain céleste, alors que le Christ a proclamé : Moi, je suis le pain de la vie, qui suis descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour la vie du monde.
Lorsqu'il dit que celui qui mange de son pain vivra éternellement, c'est pour bien montrer que ceux-là sont vivants, qui sont unis à son corps et qui, ayant ainsi le droit de communier, reçoivent l'eucharistie. C'est pourquoi nous devons prier dans la crainte d'être écartés de la communion, séparés du corps du Christ et rejetés loin du salut. Lui-même fait cette menace : Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas de vie en vous. C'est pour cela que nous prions pour que notre pain, c'est-à-dire le Christ, nous soit donné quotidiennement, pour que nous qui demeurons et qui vivons dans le Christ, nous ne soyons pas écartés de son influence sanctifiante et de son corps. ~
Ensuite, nous prions Dieu à cause de nos péchés, en disant : Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Après avoir demandé le soutien de la nourriture, on demande le pardon de la faute. Comme c'est nécessaire, comme c'est sage et salutaire de nous rappeler que nous sommes pécheurs ! En effet, nous sommes tenus de demander à Dieu son indulgence, ce qui nous oblige à rentrer dans notre conscience. Aucun de nous ne doit se complaire en soi-même, comme s'il était innocent, ni se perdre encore davantage par un tel orgueil ; on lui apprend qu'il pèche chaque jour en lui ordonnant de prier chaque jour pour ses péchés.
C'est l'avertissement que saint Jean donne dans sa lettre : Si nous disons que nous n'avons pas de péché nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n'est pas en nous. Mais si nous reconnaissons nos péchés, le Seigneur, qui est fidèle et juste, nous remettra nos péchés. Ce texte réunit deux choses : que nous devons donc demander pardon pour nos péchés, et que nous pouvons compter sur le pardon lorsque nous le demandons. C'est pourquoi il dit que Dieu est fidèle, puisqu'il tient sa promesse de remettre les péchés. Lui qui nous a enseigné à prier pour être délivrés de nos dettes et de nos péchés, il a promis que le Père ferait miséricorde et que le pardon s'ensuivrait.
Psaume 88 - IV
20 (Autrefois, tu as parlé à tes amis,dans une vision tu leur as dit :
21 « J’ai trouvé David, mon serviteur,
je l’ai sacré avec mon huile sainte ;
22 et ma main sera pour toujours avec lui,
mon bras fortifiera son courage.)
39 Pourtant tu l’as méprisé, rejeté ;
tu t’es emporté contre ton messie.
40 Tu as brisé l’alliance avec ton serviteur,
jeté à terre et profané sa couronne.
41 Tu as percé toutes ses murailles,
tu as démantelé ses forteresses ;
42 tous les passants du chemin l’ont pillé :
le voilà outragé par ses voisins.
43 Tu as accru le pouvoir de l’adversaire,
tu as mis en joie tous ses ennemis ;
44 tu as émoussé le tranchant de son épée,
tu ne l’as pas épaulé dans le combat.
45 Tu as mis fin à sa splendeur,
jeté à terre son trône ;
46 tu as écourté le temps de sa jeunesse
et déversé sur lui la honte.
Psaume 88 - V
47 Combien de temps, Seigneur, resteras-tu caché,
laisseras-tu flamber le feu de ta colère ?
48 Rappelle-toi le peu que dure ma vie,
pour quel néant tu as créé chacun des hommes !
49 Qui donc peut vivre et ne pas voir la mort ?
Qui s’arracherait à l’emprise des enfers ?
50 Où donc, Seigneur, est ton premier amour,
celui que tu jurais à David sur ta foi ?
51 Rappelle-toi, Seigneur, tes serviteurs outragés,
tous ces peuples dont j’ai reçu la charge.
52 Oui, tes ennemis ont outragé, Seigneur,
poursuivi de leurs outrages ton messie.
53 Béni soit le Seigneur pour toujours !
Amen ! Amen !
Psaume 89
1 D’âge en âge, Seigneur,
tu as été notre refuge.
2 Avant que naissent les montagnes, +
que tu enfantes la terre et le monde, *
de toujours à toujours,
toi, tu es Dieu.
3 Tu fais retourner l’homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »
4 À tes yeux, mille ans sont comme hier,
c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.
5 Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ;
dès le matin, c’est une herbe changeante :
6 elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.
7 Nous voici anéantis par ta colère ;
ta fureur nous épouvante :
8 tu étales nos fautes devant toi,
nos secrets à la lumière de ta face.
9 Sous tes fureurs tous nos jours s’enfuient,
nos années s’évanouissent dans un souffle.
10 Le nombre de nos années ? soixante-dix,
quatre-vingts pour les plus vigoureux !
Leur plus grand nombre n’est que peine et misère ;
elles s’enfuient, nous nous envolons.
11 Qui comprendra la force de ta colère ?
Qui peut t’adorer dans tes fureurs ?
12 Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
13 Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
14 Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
15 Rends-nous en joies tes jours de châtiment
et les années où nous connaissions le malheur.
16 Fais connaître ton œuvre à tes serviteurs
et ta splendeur à leurs fils.
17 Que vienne sur nous
la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains ;
oui, consolide l’ouvrage de nos mains.
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