
Introduction
℣ Dieu, viens à mon aide,
℟ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)
Hymne
Lumière enfouie sous le boisseau,
Le prince de l'ombre m'épuise !
Vous n'aurez plus besoin de lune ou de soleil,
Agneau de feu, je suis votre flambeau ;
Moi seul peux vous conduire au jour,
Mon Jour qui lève aux cieux nouveaux,
Par le jardin où j'agonise.
Parole atteinte par les eaux,
L'angoisse me force au silence !
Vous n'aurez plus besoin de lune ou de soleil,
Agneau vainqueur, je suis votre flambeau ;
Moi seul peux vous parler de paix,
Ma Paix qui règne aux cieux nouveaux,
Puisque la croix me fait violence.
Victime offerte à mes bourreaux,
Mon corps n'est plus rien que blessure !
Vous n'aurez plus besoin de lune ou de soleil,
Agneau de Dieu, je suis votre flambeau ;
Moi seul peux vous combler de joie,
Ma Joie qui s'ouvre aux cieux nouveaux,
Puisqu'au calvaire on me torture.
Semence enfouie dans le tombeau,
La mort m'a couché sous la pierre !
Vous n'aurez plus besoin de lune ou de soleil,
Agneau vivant, je suis votre flambeau ;
Moi seul peux vous donner la vie,
Ma Vie qui fait les cieux nouveaux,
Dans la cité de notre Père.
COMMENTAIRE DE SAINT BÈDE LE VÉNÉRABLE
SUR LA Ière LETTRE DE SAINT PIERRE
« Race élue, sacerdoce royal ».
Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal. Ce témoignage de louange fut donné autrefois par Moïse à l'ancien peuple de Dieu. Maintenant, c'est aux nations chrétiennes que l'apôtre Pierre l'adresse à juste titre, puisqu'elles ont cru au Christ qui, comme une pierre angulaire, a rassemblé les nations dans le salut destiné d'abord à Israël. Ces nations, il les appelle race élue à cause de leur foi, et pour distinguer d'elles ceux qui, en rejetant la pierre d'angle, furent eux-mêmes rejetés. Il les nomme sacerdoce royal parce qu'elles sont unies au corps de celui qui est le souverain roi et le véritable prêtre. Comme roi, il attribue aux siens son royaume et, comme prêtre, il purifie leurs péchés par le sacrifice de son sang. Ils sont appelés sacerdoce royal pour qu'ils se souviennent d'espérer le royaume éternel et d'offrir sans cesse à Dieu le sacrifice d'une vie sans tache.
Ils s'appellent aussi nation sainte et peuple que Dieu s'est acquis, selon ce que l'apôtre Paul dit en commentant l'oracle du prophète : Par sa fidélité, l'homme qui est juste à mes yeux obtiendra la vie : mais, s'il abandonne, je ne lui accorderai plus mon amour. Or nous ne sommes pas, nous, hommes de l'abandon, mais les hommes de la foi pour la sauvegarde de notre âme. Et, dans les Actes des Apôtres : L'Esprit Saint vous a constitués intendants pour paître l'Église de Dieu, acquise par lui au prix de son propre sang. Nous sommes donc un peuple que Dieu s'est acquis par le sang de notre Rédempteur, de même que le peuple Israël fut racheté d'Égypte par le sang de l'agneau. C'est pourquoi, dans la phrase suivante, Pierre se souvient du mystère de l'ancien récit et il montre que celui-ci doit trouver son accomplissement dans le nouveau peuple de Dieu : Pour que vous annonciez, dit-il, les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Car de même que ceux qui furent libérés par Moïse de l'esclavage de l'Égypte chantèrent un chant triomphal après le passage de la mer Rouge et l'engloutissement de l'armée de Pharaon, ainsi devons-nous, après avoir reçu le pardon de nos péchés, rendre grâce pour ce bienfait. En effet, les Égyptiens qui affligeaient le peuple de Dieu et dont le nom signifie également ténèbres et malédiction, représentent bien les péchés qui nous pourrissent mais qui sont effacés dans le baptême. La délivrance des enfants d'Israël ainsi que leur marche vers la patrie depuis longtemps promise correspond au mystère de notre rédemption : nous marchons vers la lumière de la demeure céleste, éclairés et conduits par la grâce du Christ. Cette lumière de la grâce était préfigurée par la colonne de nuée et de feu qui protégea les enfants d'Israël, pendant tout le voyage, contre les ténèbres de la nuit, et les mena par des voies admirables au terme promis, à la résidence dans leur patrie.
Psaume 49 - I
1 Le Dieu des dieux, le Seigneur,parle et convoque la terre *
du soleil levant
jusqu'au soleil couchant.
2 De Sion, belle entre toutes,
Dieu resplendit. *
3 Qu'il vienne, notre Dieu,
qu'il rompe son silence !
Devant lui, un feu qui dévore ;
autour de lui, éclate un ouragan.
4 Il convoque les hauteurs des cieux
et la terre au jugement de son peuple :
5 « Assemblez, devant moi, mes fidèles,
eux qui scellent d'un sacrifice mon alliance. »
6 Et les cieux proclament sa justice :
oui, le juge c'est Dieu !
Psaume 49 - II
7 « Écoute, mon peuple, je parle ; +
Israël, je te prends à témoin. *
Moi, Dieu, je suis ton Dieu !
8 « Je ne t'accuse pas pour tes sacrifices ;
tes holocaustes sont toujours devant moi.
9 Je ne prendrai pas un seul taureau de ton domaine,
pas un bélier de tes enclos.
10 « Tout le gibier des forêts m'appartient
et le bétail des hauts pâturages.
11 Je connais tous les oiseaux des montagnes ;
les bêtes des champs sont à moi.
12 « Si j'ai faim, irai-je te le dire ?
Le monde et sa richesse m'appartiennent.
13 Vais-je manger la chair des taureaux
et boire le sang des béliers ?
14 « Offre à Dieu le sacrifice d'action de grâce,
accomplis tes vœux envers le Très-Haut.
15 Invoque-moi au jour de détresse :
je te délivrerai, et tu me rendras gloire. »
Psaume 49 - III
16 Mais à l'impie, Dieu déclare : +
« Qu'as-tu à réciter mes lois, *
à garder mon alliance à la bouche,
17 toi qui n'aimes pas les reproches
et rejettes loin de toi mes paroles ?
18 « Si tu vois un voleur, tu fraternises,
tu es chez toi parmi les adultères ;
19 tu livres ta bouche au mal,
ta langue trame des mensonges.
20 « Tu t'assieds, tu diffames ton frère,
tu flétris le fils de ta mère.
21 Voilà ce que tu fais ;
garderai-je le silence ?
« Penses-tu que je suis comme toi ?
Je mets cela sous tes yeux, et je t'accuse.
22 Comprenez donc, vous qui oubliez Dieu :
sinon je frappe, et pas de recours !
23 « Qui offre le sacrifice d'action de grâce,
celui-là me rend gloire :
sur le chemin qu'il aura pris,
je lui ferai voir le salut de Dieu. »
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