
Introduction
℣ Dieu, viens à mon aide,
℟ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)
Hymne
Un chant rassemble dans la nuit
Les voix dispersées :
L'Église a devancé l'aurore
Et fait monter vers le Seigneur
L'espoir du monde.
L'hymne de joie et de douleurs,
Qui naît aujourd'hui
Rejoint la mystérieuse offrande,
Où Jésus Christ veut, de sa croix,
Signer l'alliance.
C'est dans le Fils que nous pouvons,
Marqués par l'Esprit,
Donner notre parole au Père,
Et c'est en lui que Dieu répond
Au cri des hommes.
Nous attendons face à l'Orient
Les signes du Jour:
Jésus doit revenir en gloire,
Et l'amour seul peut dans nos vies
Gagner sa Pâque.
SERMON DE SAINT AUGUSTIN « SUR LES BREBIS »
« Devant Dieu et devant les hommes... »
Notre gloire, c'est le témoignage de notre conscience. Il y a des hommes qui jugent témérairement, qui critiquent, qui grognent, qui récriminent, qui s'évertuent à jeter le soupçon sur ce qu'ils ne voient pas, et aussi à ébranler ce qui n'inspire aucun soupçon : contre ces gens-là, que nous reste-t-il, sinon le témoignage de notre conscience ? Mes frères, même quand nous voulons plaire, nous ne cherchons pas notre gloire et nous ne devons pas la chercher ; nous devons chercher le salut de ceux qui ne s'égareront pas en nous suivant, si nous marchons droit. Ils doivent nous imiter, si nous imitons le Christ ; et si nous n'imitons pas le Christ, ils doivent pourtant l'imiter, lui. Car c'est lui qui conduit son troupeau, et il est le seul avec tous ceux qui le conduisent bien, parce que tous sont en lui.
Ce n'est pas notre avantage que nous cherchons, quand nous voulons plaire aux hommes ; ce que nous voulons, c'est trouver notre joie dans les hommes, c'est-à-dire que nous nous réjouissons de les voir aimer ce qui est bien, et cela pour leur avantage, non pour notre prestige. C'est contre ceux qui le recherchent que l'Apôtre a dit : Si je cherchais à plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ. Et c'est évidemment pour eux qu'il a dit : Cherchez à plaire à tous en toutes choses, comme moi-même je plais à tous en toutes choses. Ces paroles sont toutes deux parfaitement claires, toutes deux tranquilles, toutes deux pures, toutes deux sans trouble. Quant à toi, contente-toi de brouter et de boire : ne piétine pas le pâturage, ne trouble pas la source.
Car vous avez bien entendu le maître des Apôtres, le Seigneur Jésus Christ lui-même : Que vos actions brillent devant les hommes, afin qu'en voyant ce que vous faites de bien, ils glorifient votre Père qui est dans les cieux, c'est-à-dire qui vous a faits ce que vous êtes. Car nous sommes le peuple de son pâturage, les brebis guidées par sa main. Il faut donc louer celui qui t'a rendu bon, si tu es bon ; ce n'est pas toi qu'il faut louer, car, par toi-même, tu ne pouvais être que mauvais. Pourquoi veux-tu retourner la vérité en voulant te louer toi-même quand tu fais quelque chose de bon, alors que, si tu fais quelque chose de mauvais, c'est au Seigneur que tu veux le reprocher ? Car celui qui a dit : Que vos actions brillent devant les hommes, est celui qui a dit, dans le même discours : N'accomplissez pas votre justice devant les hommes. De même que les deux conseils de l'Apôtre te semblaient opposés, de même ces deux paroles de l'Évangile. Si tu ne troubles pas l'eau de ton cœur, tu reconnaîtras ici la paix des Écritures, et toi aussi tu y trouveras la paix.
Veillons donc, mes frères, non seulement à bien vivre, mais aussi à bien nous comporter devant les hommes ; veillons non seulement à avoir bonne conscience, mais, autant que c'est possible à notre faiblesse, autant que nous pouvons surveiller notre fragilité, veillons encore à ne rien faire qui inspire un mauvais soupçon à notre frère le plus faible. En broutant une herbe pure et en buvant une eau pure, ne risquons pas de piétiner le pâturage de Dieu, si bien que les brebis les plus faibles auraient à brouter un pâturage piétiné et à boire une eau troublée.
Psaume 9 B - I
1 Pourquoi, Seigneur, es-tu si loin ?
Pourquoi te cacher aux jours d'angoisse ?
2 L'impie, dans son orgueil, poursuit les malheureux :
ils se font prendre aux ruses qu'il invente.
3 L'impie se glorifie du désir de son âme,
l'arrogant blasphème, il brave le Seigneur ;
4 plein de suffisance, l'impie ne cherche plus :
« Dieu n'est rien », voilà toute sa ruse.
5 À tout moment, ce qu'il fait réussit ; +
tes sentences le dominent de très haut. *
(Tous ses adversaires, il les méprise.)
6 Il s'est dit : « Rien ne peut m'ébranler,
je suis pour longtemps à l'abri du malheur. »
7 Sa bouche qui maudit n'est que fraude et violence,
sa langue, mensonge et blessure.
8 Il se tient à l'affût près des villages,
il se cache pour tuer l'innocent.
Des yeux, il épie le faible,
9 il se cache à l'affût, comme un lion dans son fourré ;
il se tient à l'affût pour surprendre le pauvre,
il attire le pauvre, il le prend dans son filet.
10 Il se baisse, il se tapit ;
de tout son poids, il tombe sur le faible.
11 Il dit en lui-même : « Dieu oublie !
il couvre sa face, jamais il ne verra ! »
Psaume 9 B - II
12 Lève-toi, Seigneur ! Dieu, étends la main !
N'oublie pas le pauvre !
13 Pourquoi l'impie brave-t-il le Seigneur
en lui disant : « Viendras-tu me chercher ? »
14 Mais tu as vu : tu regardes le mal et la souffrance,
tu les prends dans ta main ;
sur toi repose le faible,
c'est toi qui viens en aide à l'orphelin.
15 Brise le bras de l'impie, du méchant ;
alors tu chercheras son impiété sans la trouver.
16 À tout jamais, le Seigneur est roi :
les païens ont péri sur sa terre.
17 Tu entends, Seigneur, le désir des pauvres,
tu rassures leur cœur, tu les écoutes.
18 Que justice soit rendue à l'orphelin,
qu'il n'y ait plus d'opprimé, *
et que tremble le mortel, né de la terre !
Psaume 11
2 Seigneur, au secours ! Il n'y a plus de fidèle !
La loyauté a disparu chez les hommes.
3 Entre eux la parole est mensonge,
cœur double, lèvres menteuses.
4 Que le Seigneur supprime ces lèvres menteuses,
cette langue qui parle insolemment,
5 ceux-là qui disent : « Armons notre langue !
À nous la parole ! Qui sera notre maître ? »
6 – « Pour le pauvre qui gémit,
le malheureux que l'on dépouille, +
maintenant je me lève, dit le Seigneur ; *
à celui qu'on méprise, je porte secours. »
7 Les paroles du Seigneur sont des paroles pures,
argent passé au feu, affiné sept fois.
8 Toi, Seigneur, tu tiens parole,
tu nous gardes pour toujours de cette engeance.
9 De tous côtés, s'agitent les impies :
la corruption gagne chez les hommes.
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