
Introduction
℣ Dieu, viens à mon aide,
℟ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)
Hymne
Mendiant du jour,
je te prends dans mes mains,
comme on prend dans sa main
la lampe
pour la nuit
et tu deviens
la Nuée qui dissout les ténèbres.
Mendiant du feu,
je te prends dans mes mains,
comme on prend dans sa main
la flamme
pour l'hiver ;
et tu deviens
l'Incendie qui embrase le monde.
Mendiant d'espoir,
je te prends dans mes mains,
comme on prend dans sa main
la source
pour l'été ;
et tu deviens
le Torrent d'une vie éternelle.
Mendiant de toi,
je te prends dans mes mains,
comme on prend dans sa main
la perle
d'un amour ;
et tu deviens
le Trésor pour la joie du prodigue.
Mendiant de Dieu,
je te prends dans mes mains ;
mais tu prends dans ta main
la mienne
pour ce jour ;
et je deviens
l'Envoyé aux mendiants de la terre.
LECTURE DE SAINT THOMAS D'AQUIN
POUR L'OFFICE DU CORPS DU CHRIST
Le mystère de l'Eucharistie
Le Fils unique de Dieu, voulant nous faire participer à sa divinité, a pris notre nature afin de diviniser les hommes, lui qui s'est fait homme.
En outre, ce qu'il a pris de nous, il nous l'a entièrement donné pour notre salut. En effet, sur l'autel de la croix il a offert son corps en sacrifice à Dieu le Père afin de nous réconcilier avec lui ; et il a répandu son sang pour qu'il soit en même temps notre rançon et notre baptême : rachetés d'un lamentable esclavage, nous serions purifiés de tous nos péchés.
Et pour que nous gardions toujours la mémoire d'un si grand bienfait, il a laissé aux fidèles son corps à manger et son sang à boire, sous les dehors du pain et du vin.
Banquet précieux et stupéfiant, qui apporte le salut et qui est rempli de douceur ! Peut-il y avoir rien de plus précieux que ce banquet où l'on ne nous propose plus, comme dans l'ancienne Loi, de manger la chair des veaux et des boucs, mais le Christ qui est vraiment Dieu ? Y a-t-il rien de plus admirable que ce sacrement ? ~
Aucun sacrement ne produit des effets plus salutaires que celui-ci : il efface les péchés, accroît les vertus et comble l'âme surabondamment de tous les dons spirituels !
Il est offert dans l'Église pour les vivants et pour les morts afin de profiter à tous, étant institué pour le salut de tous.
Enfin, personne n'est capable d'exprimer les délices de ce sacrement, puisqu'on y goûte la douceur spirituelle à sa source et on y célèbre la mémoire de cet amour insurpassable, que le Christ a montré dans sa passion.
Il voulait que l'immensité de cet amour se grave plus profondément dans le cœur des fidèles. C'est pourquoi à la dernière Cène, après avoir célébré la Pâque avec ses disciples, lorsqu'il allait passer de ce monde à son Père, il institua ce sacrement comme le mémorial perpétuel de sa passion, l'accomplissement des anciennes préfigurations, le plus grand de tous ses miracles ; et à ceux que son absence remplirait de tristesse, il laissa ce sacrement comme réconfort incomparable.
Psaume 22
1 Le Seigneur est mon berger :je ne manque de rien. *
2 Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.
Il me mène vers les eaux tranquilles
3 et me fait revivre ; *
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.
4 Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal, *
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.
5 Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ; *
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.
6 Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie ; *
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.
Psaume 41
2 Comme un cerf altéré
cherche l'eau vive, *
ainsi mon âme te cherche
toi, mon Dieu.
3 Mon âme a soif de Dieu,
le Dieu vivant ; *
quand pourrai-je m'avancer,
paraître face à Dieu ?
4 Je n'ai d'autre pain que mes larmes,
le jour, la nuit, *
moi qui chaque jour entends dire :
« Où est-il ton Dieu ? »
5 Je me souviens,
et mon âme déborde : *
en ce temps-là,
je franchissais les portails !
Je conduisais vers la maison de mon Dieu
la multitude en fête, *
parmi les cris de joie
et les actions de grâce.
℟ 6 Pourquoi te désoler, ô mon âme,
et gémir sur moi ? *
Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce :
il est mon sauveur et mon Dieu !
7 Si mon âme se désole,
je me souviens de toi, *
depuis les terres du Jourdain et de l'Hermon,
depuis mon humble montagne.
8 L'abîme appelant l'abîme
à la voix de tes cataractes, *
la masse de tes flots et de tes vagues
a passé sur moi.
9 Au long du jour, le Seigneur
m'envoie son amour ; *
et la nuit, son chant est avec moi,
prière au Dieu de ma vie.
10 Je dirai à Dieu, mon rocher :
« Pourquoi m'oublies-tu ? *
Pourquoi vais-je assombri,
pressé par l'ennemi ? »
11 Outragé par mes adversaires,
je suis meurtri jusqu'aux os, *
moi qui chaque jour entends dire :
« Où est-il ton Dieu ? »
℟ 12 Pourquoi te désoler, ô mon âme,
et gémir sur moi ? *
Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce :
il est mon sauveur et mon Dieu !
Psaume 80
2 Criez de joie pour Dieu, notre force,
acclamez le Dieu de Jacob.
3 Jouez, musiques, frappez le tambourin,
la harpe et la cithare mélodieuse.
4 Sonnez du cor pour le mois nouveau,
quand revient le jour de notre fête.
5 C’est là, pour Israël, une règle,
une ordonnance du Dieu de Jacob ;
6 Il en fit, pour Joseph, une loi
quand il marcha contre la terre d’Égypte.
J’entends des mots qui m’étaient inconnus : +
7 « J’ai ôté le poids qui chargeait ses épaules ;
ses mains ont déposé le fardeau.
8 « Quand tu criais sous l’oppression, je t’ai sauvé ; +
je répondais, caché dans l’orage,
je t’éprouvais près des eaux de Mériba.
9 « Écoute, je t’adjure, ô mon peuple ;
vas-tu m’écouter, Israël ?
10 Tu n’auras pas chez toi d’autres dieux,
tu ne serviras aucun dieu étranger.
11 « C’est moi, le Seigneur ton Dieu, +
qui t’ai fait monter de la terre d’Égypte !
Ouvre ta bouche, moi, je l’emplirai.
12 « Mais mon peuple n’a pas écouté ma voix,
Israël n’a pas voulu de moi.
13 Je l’ai livré à son cœur endurci :
qu’il aille et suive ses vues !
14 « Ah ! Si mon peuple m’écoutait,
Israël, s’il allait sur mes chemins !
15 Aussitôt j’humilierais ses ennemis,
contre ses oppresseurs je tournerais ma main.
16 « Mes adversaires s’abaisseraient devant lui ;
tel serait leur sort à jamais !
17 Je le nourrirais de la fleur du froment,
je le rassasierais avec le miel du rocher ! »
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