
Introduction
℣ Dieu, viens à mon aide,
℟ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)
Hymne
Comme nous allions rêvant Dieu,
Une voix venue du grand creux
Des fonds de l'Homme
Nous a surpris : Veillez ici,
Veillez et priez cette nuit
Qui entre toutes vous est bonne.
C'était au secret de nos cœurs,
Au tombeau vide du Seigneur,
La voix de l'Ange !
Elle ajouta : Que cherchez-vous ?
Le corps du Seigneur est chez vous,
Restez ses hommes de confiance !
Devant le caveau grand ouvert,
Retour du Seigneur des enfers,
Chantez son hymne !
Ce lieu profond, il est à Dieu !
Nul ne le sonde avec des yeux
Qui ne sont pas faits pour l'abîme.
Le Seigneur vous a précédés
Dans la mort qui vous obsédait,
Vos morts futures ;
Allez donc sans crainte à la vie !
Jésus vous a déjà ravi
Dans sa Passion vos sépultures.
HOMÉLIE PASCALE ANCIENNE
La Pâque, commencement de la vie éternelle.
La Pâque célébrée par les Juifs symbolisait le salut de leurs premiers-nés. Mais celle que nous célébrons est la cause du salut de tous les hommes, en commençant par le premier homme créé qui est sauvé et vivifié en eux tous.
Les réalités partielles et provisoires, images et figures des réalités parfaites et éternelles, préludaient, ainsi que des esquisses, à la Vérité qui s'est maintenant levée à l'horizon ; mais quand la Vérité est présente, la figure est périmée : c'est ainsi qu'après l'arrivée d'un roi, personne ne juge convenable de délaisser le roi vivant pour se prosterner devant son image.
Il est donc bien évident que la figure est inférieure à la Vérité, quand la figure fête la vie éphémère des premiers-nés des Juifs, tandis que la Vérité fête la vie permanente de tous les hommes. Car ce n'est pas grand-chose d'échapper à la mort pour un temps bref quand on mourra peu après, mais c'est une grande chose que d'échapper totalement à la mort ; c'est ce qui nous arrive, puisque le Christ, notre Agneau pascal, a été immolé.
Le nom même de la fête prend toute son excellence si on le traduit en l'appliquant à la vérité. « Pâque », en effet, se traduit par « passage », puisque l'Exterminateur qui frappait les premiers-nés « passait» les maisons des Hébreux. Mais ce « passage» de l'Exterminateur, c'est chez nous qu'il est véritable, lorsque, une fois pour toutes, il « passe par-dessus » nous, qui avons été ressuscités par le Christ pour la vie éternelle. ~
Qu'est-ce que signifie, si on la considère par rapport à la Vérité, cette prescription de prendre pour commencement de l'année ce moment où s'accomplissent la Pâque et le salut des premiers-nés ? Cela signifie que, pour nous aussi, le commencement de la vie éternelle, c'est le sacrifice de l'Agneau pascal. En effet, l'année symbolise l'éternité, parce qu'elle revient toujours en cercle sur elle-même, et ne s'arrête à aucun terme. Et le Christ, offert en victime pour notre salut, est le Père de l'éternité à venir. C'est-à-dire que, rendant périmée toute notre vie antérieure, il nous donne le commencement d'une autre vie par le bain de la nouvelle naissance, à la ressemblance de sa mort et de sa résurrection.
En conséquence, tout homme qui connaît l'Agneau pascal immolé pour son salut doit considérer que pour lui le commencement de la vie, c'est le moment à partir duquel le Christ est immolé pour lui. Or le Christ est immolé pour lui lorsque lui-même reconnaît la grâce et comprend la vie procurée par cette immolation. Sachant cela, qu'il aspire à prendre le commencement de cette vie nouvelle et ne retourne plus vers l'ancienne, dont il atteint le terme. Car il est écrit : Nous qui sommes morts au péché, comment continuerions-nous de vivre en lui ?
Psaume 30 - I
2 En toi, Seigneur, j'ai mon refuge ;
garde-moi d'être humilié pour toujours.
Dans ta justice, libère-moi ;
3 écoute, et viens me délivrer.
Sois le rocher qui m'abrite,
la maison fortifiée qui me sauve.
4 Ma forteresse et mon roc, c'est toi :
pour l'honneur de ton nom, tu me guides et me conduis.
5 Tu m'arraches au filet qu'ils m'ont tendu ;
oui, c'est toi mon abri.
6 En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.
7 Je hais les adorateurs de faux dieux,
et moi, je suis sûr du Seigneur.
8 Ton amour me fait danser de joie :
tu vois ma misère et tu sais ma détresse.
9 Tu ne m'as pas livré aux mains de l'ennemi ;
devant moi, tu as ouvert un passage.
Psaume 30 - II
10 Prends pitié de moi, Seigneur,
je suis en détresse. *
La douleur me ronge les yeux,
la gorge et les entrailles.
11 Ma vie s'achève dans les larmes,
et mes années, dans les souffrances. *
Le péché m'a fait perdre mes forces,
il me ronge les os.
12 Je suis la risée de mes adversaires et même de mes voisins, +
je fais peur à mes amis *
(s'ils me voient dans la rue, ils me fuient).
13 On m'ignore comme un mort oublié, *
comme une chose qu'on jette.
14 J'entends les calomnies de la foule :
de tous côtés c'est l'épouvante. *
Ils ont tenu conseil contre moi,
ils s'accordent pour m'ôter la vie.
15 Moi, je suis sûr de toi, Seigneur, +
je dis : « Tu es mon Dieu ! » *
16 Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
des mains hostiles qui s'acharnent.
17 Sur ton serviteur, que s'illumine ta face ; +
sauve-moi par ton amour. *
18 Seigneur, garde-moi d'être humilié,
moi qui t'appelle.
[19]
Psaume 30 - III
20 Qu'ils sont grands, tes bienfaits ! +
Tu les réserves à ceux qui te craignent. *
Tu combles, à la face du monde,
ceux qui ont en toi leur refuge.
21 Tu les caches au plus secret de ta face,
loin des intrigues des hommes. *
Tu leur réserves un lieu sûr,
loin des langues méchantes.
22 Béni soit le Seigneur : *
son amour a fait pour moi des merveilles
dans la ville retranchée !
23 Et moi, dans mon trouble, je disais :
« Je ne suis plus devant tes yeux. » *
Pourtant, tu écoutais ma prière
quand je criais vers toi.
24 Aimez le Seigneur, vous, ses fidèles : +
le Seigneur veille sur les siens ; *
mais il rétribue avec rigueur
qui se montre arrogant.
25 Soyez forts, prenez courage, *
vous tous qui espérez le Seigneur !
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