
Introduction
℣ Dieu, viens à mon aide,
℟ Seigneur, à notre secours.
Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)
Hymne
Qu'il soit béni, qu'il vienne,
Le Roi, notre Seigneur !
Ouvrez, ouvrez vos portes,
Ne fermez plus vos cœurs !
Il vient à nous sans faste,
Grandeur ni majesté,
Vêtu comme le pauvre
Dans son humilité !
Qu'il soit béni, qu'il vienne,
Le Roi, notre Seigneur !
Entendez-le qui parle,
Sortez tous de l'erreur !
Malheur à l'homme riche
S'il ne veut écouter
Le Christ de la Promesse
Qui vient nous racheter !
Qu'il soit béni, qu'il vienne,
Le Roi, notre Seigneur !
Il montre à tous les humbles
La face du Sauveur !
À lui sont en partage
La gloire et le pouvoir,
Ce qu'à la fin des âges
Les peuples pourront voir !
Qu'il soit béni, qu'il vienne,
Le Roi, notre Seigneur !
Il donne aux misérables
La paix du Bon Pasteur,
Il est doux. Il est humble.
Son joug sera léger!
Et c'est lui qui nous mène
Jusqu'à la liberté !
LETTRE DE SAINT FULGENCE DE RUSPE AU DIACRE FERRAND
« Le Christ toujours vivant intercède pour nous »
Il faut remarquer d'abord que, dans la conclusion des oraisons nous disons : « Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur ». Nous ne disons jamais « Par l'Esprit Saint ». Ce n'est pas sans raison que l'Église s'exprime ainsi dans sa célébration ; c'est à cause du mystère que voici : L'homme Jésus Christ est devenu médiateur entre Dieu et les hommes, prêtre pour toujours à la manière de Melkisédek. C'est par son propre sang qu'il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, mais non pas dans un sanctuaire fait de main d'homme, et simple copie du véritable. Il est entré dans le ciel même, où il est à la droite de Dieu et intercède pour nous.
L'Apôtre dit, lorsqu'il le considère dans cette fonction de grand prêtre : En toute circonstance, offrons à Dieu par lui un sacrifice de louange, c'est-à-dire l'acte de foi qui sort de nos lèvres en l'honneur de son nom. C'est donc par lui que nous offrons le sacrifice de louange et de prière, parce que c'est par sa mort que nous avons été réconciliés avec Dieu, alors que nous étions ses ennemis. C'est par lui, en effet, qui a daigné devenir victime pour nous, que notre victime peut être agréée par Dieu. Aussi saint Pierre nous exhorte-t-il ainsi : Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter par le Christ Jésus. Telle est la raison pour laquelle nous nous adressons à Dieu le Père « par Jésus Christ notre Seigneur ». ~
Lorsque l'on fait mention du prêtre, cela ne montre pas autre chose que le mystère de l'incarnation du Seigneur, par lequel le Fils de Dieu, alors qu'il était dans la condition de Dieu, se dépouilla lui-même en prenant la condition du serviteur ; en raison de celle-ci, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir. Il a été amoindri, mis un peu au-dessous des anges, en descendant un peu au-dessous des anges, tout en restant l'égal de son Père, dans l'unité. Oui, le Fils a été amoindri, en demeurant égal au Père, du fait qu'il a voulu ressembler aux hommes. Il s'est amoindri quand il s'est dépouillé lui-même en prenant la condition du serviteur. L'amoindrissement du Christ, c'est son dépouillement, et son dépouillement n'est pas autre chose que l'acceptation de la condition de serviteur.
Le Christ, demeurant dans la condition divine, était le Fils unique de Dieu, c'est donc à lui que nous offrons des sacrifices en même temps qu'au Père : mais en prenant la condition du serviteur, il est devenu notre prêtre, par qui nous pouvons offrir un sacrifice vivant et saint, capable de plaire à Dieu. Nous n'aurions pas pu offrir une victime si le Christ ne s'était pas fait victime pour nous : c'est en lui que la nature de notre humanité est le véritable sacrifice qui donne le salut. ~ Car lorsque nous manifestons que nos prières sont présentées par le prêtre éternel, notre Seigneur, nous proclamons que la chair de notre humanité est réelle en lui, selon la parole de l'Apôtre : Le grand prêtre est toujours pris parmi les hommes et chargé d'intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Mais lorsque nous disons « ton Fils », et que nous ajoutons : « qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit », nous faisons mémoire de cette unité qui existe par nature entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit : on montre par là que le Christ tout à la fois s'acquitte pour nous de la fonction sacerdotale, et possède l'unité de nature avec le Père et l'Esprit Saint.
Psaume 43 - I
2 Dieu, nous avons entendu dire, +
et nos pères nous ont raconté, *
quelle action tu accomplis de leur temps,
aux jours d'autrefois.
3 Toi, par ta main, tu as dépossédé les nations, +
et ils purent s'implanter ; *
et tu as malmené des peuplades,
et ils purent s'étendre.
4 Ce n'était pas leur épée qui possédait le pays, +
ni leur bras qui les rendait vainqueurs, *
mais ta droite et ton bras, et la lumière de ta face,
car tu les aimais.
5 Toi, Dieu, tu es mon roi, *
tu décides des victoires de Jacob :
6 avec toi, nous battions nos ennemis ;
par ton nom, nous écrasions nos adversaires.
7 Ce n'est pas sur mon arme que je compte,
ni sur mon épée, pour la victoire.
8 Tu nous as donné de vaincre l'adversaire,
tu as couvert notre ennemi de honte.
9 Dieu était notre louange, tout le jour :
sans cesse nous rendions grâce à ton nom.
Psaume 43 - II
10 Maintenant, tu nous humilies, tu nous rejettes,tu ne sors plus avec nos armées.
11 Tu nous fais plier devant l'adversaire,
et nos ennemis emportent le butin.
12 Tu nous traites en bétail de boucherie,
tu nous disperses parmi les nations.
13 Tu vends ton peuple à vil prix,
sans que tu gagnes à ce marché.
14 Tu nous exposes aux sarcasmes des voisins,
aux rires, aux moqueries de l'entourage.
15 Tu fais de nous la fable des nations ;
les étrangers haussent les épaules.
16 Tout le jour, ma déchéance est devant moi,
la honte couvre mon visage,
17 sous les sarcasmes et les cris de blasphème,
sous les yeux de l'ennemi qui se venge.
Psaume 43 - III
18 Tout cela est venu sur nous
sans que nous t'ayons oublié : *
nous n'avions pas trahi ton alliance.
19 Notre cœur ne s'était pas détourné
et nos pieds n'avaient pas quitté ton chemin
20 quand tu nous poussais au milieu des chacals
et nous couvrais de l'ombre de la mort.
21 Si nous avions oublié le nom de notre Dieu,
tendu les mains vers un dieu étranger,
22 Dieu ne l'eût-il pas découvert,
lui qui connaît le fond des cœurs ?
23 C'est pour toi qu'on nous massacre sans arrêt,
qu'on nous traite en bétail d'abattoir.
24 Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ?
Lève-toi ! Ne nous rejette pas pour toujours.
25 Pourquoi détourner ta face,
oublier notre malheur, notre misère ?
26 Oui, nous mordons la poussière,
notre ventre colle à la terre.
27 Debout ! Viens à notre aide !
Rachète-nous, au nom de ton amour.
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